EGUZKI DANTZA

La Soka dantza ou Aurresku, une danse traditionnellement exécutée par des femmes à Lekeitio, était dansée trois fois le jour de la Saint-Jean : à l’aube, après la messe de sept heures ; à midi, après la grand-messe ; et l’après-midi, après la récitation du chapelet. Sa célébration à la date traditionnelle du solstice d’été lui a valu le nom d’Eguzki Dantza, ou « danse du soleil ». De nos jours, la Saint-Jean n’étant plus un jour férié, la danse n’est exécutée qu’à midi le jour de la Saint-Pierre, en même temps que la Kaxarranka, la danse traditionnelle des pêcheurs de Lekeitio.

 

Un document de 1682 mentionne déjà l’existence de bals dirigés par des femmes dans la ville, aux côtés de ceux dirigés par des hommes. Plus tard, vers le milieu du XIXe siècle, on retrouve des références à de jeunes femmes dansant lors des festivités municipales. D’après les registres de la ville à cette époque, ces danseuses recevaient des rafraîchissements en cadeau pour leur participation à la Saint-Jean et, parfois, à la Saint-Pierre. Au début du XXe siècle, la tradition perdurait et la danse continuait d’être exécutée à trois moments différents de la journée. Le matin, après la messe de sept heures, les femmes portaient une simple jupe en percale et un petit châle en soie, sans couvre-chef. À midi, après la grand-messe, elles portaient une longue jupe noire, un jupon blanc brodé, un chemisier en dentelle, un châle en crêpe et des chaussures noires appelées « malporteskuak ». Enfin, après le chapelet, elles revêtaient à nouveau la tenue de midi, remplaçant toutefois le châle par un grand châle en cachemire.

 

Après plusieurs années d’abandon, la danse fut remise au goût du jour en 1932 sous l’impulsion de femmes qui l’avaient pratiquée par le passé. Cependant, le déclenchement de la guerre en 1936 entraîna une nouvelle interruption. Sa renaissance définitive eut lieu en 1974, et depuis lors, l’Eguzki Dantza est présentée chaque année sur la place du marché de Lekeitio, mais uniquement à midi le jour de la Saint-Pierre, en même temps que la traditionnelle Kaxarranka.

 

La chorégraphie conserve la structure classique de la Soka dantza, tout en y intégrant ses propres pas, de même que ses mélodies, préservées grâce aux txistularis (joueurs de flûte basque) locaux. La folkloriste Resurrección María de Azkue, originaire de Lekeitio et figure marquante du recueil de chants basques, a consigné l’une des trois mélodies caractéristiques de cette danse sous le titre de Neska-dantzea, précisant que les femmes de Lekeitio l’exécutaient le matin de la Saint-Jean.

 

Aujourd’hui, la danse est exécutée sur la place du village avec une grande solennité et des couleurs éclatantes. Les danseuses portent des costumes inspirés de ceux de la fin du XIXe siècle, arborant des châles colorés qui soulignent clairement et sans équivoque le rôle actif que les femmes ont historiquement joué dans la Soka dantza ou Aurresku.

BILBLIOGRAPHIE

  • IRIGOIEN, Iñaki. «Lekeitio. San Pedro eta San Juan Jaiak». Dantzariak 56. E.D.B., 2012