KAIXARRANKA

La Kaixarranka est une danse traditionnelle exécutée à Lekeitio, une ville côtière de Biscaye. Cette danse est née au sein de la Confrérie des gens de mer, un groupe de pêcheurs qui organisaient leur travail et élisaient chaque année un nouveau responsable. Une célébration particulière marquait ce changement de direction.

Les festivités débutaient par un cortège réunissant des participants costumés incarnant saint André, saint Jean et saint Pierre. Ces personnages défilaient dans les rues de la ville, se rendant aux domiciles du responsable sortant et de celui qui allait lui succéder. Ensuite, le groupe se dirigeait vers le port pour y jouer une scène symbolique : ils feignaient de vouloir jeter le saint à l’eau afin d’implorer une pêche abondante pour l’année à venir.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les autorités religieuses désapprouvaient le port de masques et de costumes religieux durant la fête. Par conséquent, les participants finirent par abandonner les costumes d’apôtres au profit de tenues plus conventionnelles : jaquettes, redingotes et hauts-de-forme typiques du XIXe siècle. Ils continuèrent toutefois à porter une petite bannière arborant la tiare et les clés de saint Pierre, ainsi que les armoiries de Lekeitio.

Le point culminant de la manifestation est la danse Kaixarranka. Lors de cette prestation, un danseur se tient debout sur un coffre en bois un coffre qui renfermait autrefois les documents et les registres financiers de la confrérie. Huit marins portent le coffre tout en tenant des avirons, symbolisant ainsi leur lien avec la mer. Le danseur salue les quatre points cardinaux et exécute une danse d’équilibre ponctuée de sauts et de tours. La cérémonie se poursuit avec le fandango et l’arin-arin, des danses caractéristiques de la Biscaye.

Aujourd’hui, les huit porteurs du coffre sont vêtus comme des pêcheurs : chemise et pantalon bleus, ceinture verte ou noire et espadrilles sombres ou pieds nus, à la manière des marins d’autrefois. Les femmes participent également aux versions modernes de l’événement en évoquant le travail de réparation des filets ; vêtues de costumes traditionnels, elles prennent part aux danses fandango et arin-arin tout en portant leurs filets et leurs outils.

Actuellement, le 29 juin (jour de la Saint-Pierre) un cortège traverse le port pour rejoindre l’emplacement de la statue du saint. Là, un homme en habit et haut-de-forme, tenant un drapeau orné des symboles de saint Pierre, exécute une danse au sommet du coffre de la Confrérie. Il répète ensuite cette danse devant la maison du président de la Confrérie ainsi que sur la place de la ville. Tout au long du parcours, le coffre continue d’être porté par les huit pêcheurs.

La musique accompagnant la danse Kaixarranka est jouée au txistu et au tamboril.